- Accompagner les parents endeuillés
- Démarches administratives au Québec
- Comment organiser des funérailles pour un enfant
- Idées de rituels commémoratifs
- Le deuil périnatal - Différences entre deuil périnatal et deuil infantile
- Quelles fleurs offrir pour le décès d'un enfant ?
- Trouver les mots : comment expliquer le décès à ses enfants
- FAQ sur le deuil infantile
- Crématel vous accompagne
Perdre son enfant, c'est vivre l'une des épreuves les plus difficiles qui soient. Que ce soit suite à une maladie, un accident ou une mort subite, le chagrin bouleverse tout : vos repères, votre quotidien, votre vision de l'avenir. Si vous lisez ces lignes, c'est peut-être que vous traversez cette tempête ou que vous cherchez à soutenir quelqu'un qui la vit. Sachez d'abord ceci : votre douleur est légitime, et vous n'avez pas à la porter seul.
Accompagner les parents endeuillés
Le deuil d'un enfant ne suit pas de calendrier prévisible. Contrairement à ce que certains pourraient croire, il n'y a pas de "bonne" façon de vivre cette épreuve ni de délai après lequel vous devriez "aller mieux". Chaque parent, chaque famille traverse cette expérience à sa manière.
L'entourage se sent souvent démuni face à une telle tragédie. Les proches peuvent s'éloigner, ne sachant pas quoi dire ou craignant de faire mal. Pourtant, les gestes simples comptent énormément : une présence silencieuse, un repas déposé sur le perron, un message sans attendre de réponse immédiate. Selon les recherches en psychologie du deuil, le soutien social constitue l'un des facteurs les plus protecteurs pour la santé mentale des parents endeuillés.
Si vous êtes un proche qui souhaite aider, voici ce qui peut vraiment faire une différence : prononcer le nom de l'enfant décédé (les parents ont besoin d'entendre que leur enfant existait et compte encore), offrir une aide concrète plutôt que générale (faire l'épicerie plutôt que dire "appelle-moi si tu as besoin"), et accepter que les parents vivent des hauts et des bas pendant longtemps.
Comprendre les réactions émotionnelles courantes
Le deuil d'un enfant provoque des réactions intenses et parfois déroutantes. Vous pourriez vous sentir submergé par des émotions contradictoires qui se succèdent ou se superposent : tristesse profonde, colère, culpabilité, engourdissement, sentiment d'irréalité.
Les réactions physiques possibles
Votre corps peut réagir au choc de multiples façons. Vous pourriez ressentir une fatigue écrasante même après une nuit de sommeil, des tensions musculaires chroniques, des maux de tête fréquents, des problèmes digestifs ou des changements dans l'appétit. Certains parents rapportent des sensations de serrement à la poitrine ou des difficultés à respirer profondément.
Le sommeil devient souvent problématique : difficulté à s'endormir, réveils nocturnes fréquents, cauchemars. Ces réactions physiques sont des réponses normales du corps face à un stress traumatique majeur.
Les réactions psychologiques possibles
Sur le plan émotionnel, vous pourriez vivre ce qu'on appelle des "vagues de chagrin" : des moments où la douleur frappe avec une intensité renouvelée, même après des mois ou des années. Ces vagues peuvent être déclenchées par un anniversaire, une chanson, une odeur, ou surgir sans avertissement.
La culpabilité accompagne fréquemment le deuil parental.
Vous pourriez vous reprocher de ne pas avoir vu certains signes, de ne pas avoir agi différemment, ou même de continuer à vivre alors que votre enfant ne le peut plus. Cette culpabilité, bien que compréhensible, n'est généralement pas fondée sur des faits objectifs mais sur la douleur de ne pas avoir pu protéger votre enfant.
Certains parents traversent aussi une période où ils questionnent profondément leurs croyances, leur foi, ou le sens de l'existence. D'autres ressentent de la colère envers le système médical, envers eux-mêmes, envers Dieu, ou même envers l'enfant décédé pour les avoir "abandonnés".
Gérer les dates importantes (anniversaires, fêtes)
Les anniversaires, les fêtes et les dates marquantes deviennent des moments particulièrement difficiles après le décès d'un enfant. La première année apporte souvent son lot de "premières fois" douloureuses : le premier Noël sans lui, son anniversaire de naissance, l'anniversaire de son décès.
Vous pouvez anticiper ces moments en planifiant comment vous souhaitez les vivre. Certaines familles choisissent de maintenir des traditions, d'autres préfèrent créer de nouveaux rituels. Par exemple, lors de l'anniversaire de votre enfant, vous pourriez allumer une bougie, préparer son gâteau préféré, faire un don à un organisme qui vous tient à cœur, ou partir en nature si c'est ce qu'il aimait.
Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de traverser ces dates. L'important est de vous autoriser à les vivre selon vos besoins du moment, qui peuvent d'ailleurs changer d'une année à l'autre.
Reprendre le travail et le RQAP
Le retour au travail après le décès d'un enfant représente un défi majeur. Au Québec, le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP) prévoit jusqu'à 15 semaines de prestations pour les parents salariés dont l'enfant mineur est décédé, avec un délai d'attente de deux semaines. Ces semaines peuvent être prises en continu ou de façon fractionnée sur une période de 20 semaines suivant le décès.
Concrètement, si votre salaire hebdomadaire moyen est de 1 000 dollars, vous recevrez environ 750 dollars par semaine pendant 15 semaines. Ce n'est pas une solution à long terme, mais cela peut vous donner un peu d'espace pour respirer avant de reprendre.
Gérer le retour au travail
Quand vous retournez au travail, vous pourriez ressentir que le monde a continué de tourner alors que le vôtre s'est arrêté. Vos collègues ne sauront peut-être pas comment aborder le sujet. Il peut être utile de communiquer clairement vos besoins : préférez-vous qu'on vous en parle ou qu'on vous laisse aborder le sujet vous-même ? Avez-vous besoin d'un horaire flexible au début ?
N'hésitez pas à discuter avec votre employeur d'aménagements temporaires : horaire réduit, télétravail partiel, ou pauses plus fréquentes. Plusieurs employeurs québécois se montrent compréhensifs face à de telles circonstances, surtout si vous communiquez ouvertement vos limites.
Quand demander de l'aide professionnelle ?
Consulter un professionnel de la santé mentale n'est pas un signe de faiblesse, mais une démarche de soin envers vous-même. Qu’importe les symptômes ou votre contexte personnel, parler à un expert ne peut qu’être bénéfique. Voici des indicateurs qu'un soutien professionnel pourrait vous être nécessaire:
- Vous avez des pensées suicidaires ou d'automutilation.
- Vous consommez de l'alcool ou des substances pour engourdir la douleur.
- Vous vous isolez complètement depuis plusieurs semaines.
- Vous ne parvenez plus à accomplir les tâches de base du quotidien.
- Vos relations se détériorent de façon importante.
- Vous ressentez une anxiété ou une dépression qui interfère avec votre fonctionnement.
Où trouver de l’aide ?
Au Québec, vous pouvez consulter votre médecin de famille qui pourra vous orienter vers un psychologue ou un psychiatre. Le CLSC de votre région offre également des services gratuits en santé mentale, bien que les délais d'attente puissent être longs. Pour un accès plus rapide, les psychologues en pratique privée offrent des consultations moyennant des frais variant généralement entre 100 et 200 dollars par séance, parfois remboursables par les assurances collectives.
Des organismes spécialisés dans le deuil périnatal et infantile offrent aussi du soutien : Deuil-Jeunesse, Lumière, et Maison Monbourquette proposent des groupes d'entraide et de l'accompagnement individuel.
Comment le deuil évolue dans le temps ?
Le deuil n'est pas un processus linéaire qui va du pire au mieux de façon constante. C'est plutôt un mouvement de vagues : des jours où vous vous sentez capable de fonctionner, suivis de jours où la douleur revient avec force.
Avec le temps, la plupart des parents rapportent que les vagues de chagrin intense s'espacent et deviennent moins longues, même si elles ne disparaissent jamais complètement. Vous n'oublierez jamais votre enfant, et ce n'est pas le but. Vous apprendrez plutôt à vivre avec cette absence, à intégrer cette perte dans votre histoire personnelle.
Certains parents trouvent du sens en s'impliquant dans des causes liées au décès de leur enfant, en créant des bourses d'études à son nom, ou en sensibilisant d'autres familles. D'autres gardent leur deuil plus privé.
Il n'y a pas de meilleure voie que celle qui vous convient.
Démarches administratives au Québec
Au milieu du brouillard émotionnel, vous devrez malheureusement accomplir certaines démarches administratives.
D'abord, vous devrez obtenir un constat de décès, normalement fourni par le médecin ou le coroner. Ce document est essentiel pour toutes les démarches subséquentes.
Vous devez ensuite faire une déclaration de décès au Directeur de l'état civil du Québec dans les 30 jours. Cette déclaration peut être faite par un membre de la famille, le directeur de funérailles, ou un autre proche.
Une fois la déclaration effectuée, vous recevrez un certificat de décès ou une copie d'acte de décès. Prévoyez en commander plusieurs copies (au moins 5 à 10), car de nombreux organismes en exigeront une : banques, assurances, RQAP, Retraite Québec, Régie de l'assurance maladie.
Concernant l'assurance maladie, vous devez aviser la RAMQ du décès pour annuler la carte d'assurance maladie de l'enfant.
Si votre enfant recevait des prestations comme l'allocation famille ou le crédit d'impôt pour solidarité, vous devez également en informer Retraite Québec et Revenu Québec.
Comment faire le testament de son enfant ?
La question peut sembler étrange, mais si votre enfant possédait des biens (compte en banque, placements, biens reçus en héritage), il faut gérer sa succession.
Au Québec, un enfant mineur ne peut pas faire de testament valide. Ses biens reviennent donc automatiquement à ses héritiers légaux selon les règles de la succession ab intestat, généralement les parents à parts égales.
Si les deux parents sont vivants et en accord, la gestion de ces biens est relativement simple. Si l'un des parents est décédé ou s'il y a désaccord, la situation devient plus complexe et pourrait nécessiter l'intervention d'un notaire ou d'un avocat.
Aides financières disponibles
Le RQAP offre, comme mentionné plus tôt, jusqu'à 15 semaines de prestations en cas de décès d'un enfant mineur.
Pour y avoir droit, vous devez avoir gagné au moins 2 000 dollars de revenus assurables durant la période de référence (généralement les 52 semaines précédant la demande). Vous pouvez faire votre demande en ligne sur le site du RQAP dans les six mois suivant le décès.
Si le décès résulte d'un accident de travail ou d'une maladie professionnelle, la CNESST (Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail) pourrait offrir un soutien financier, bien que ce cas soit rare pour les enfants.
Certaines polices d'assurance vie couvrent les enfants. Vérifiez auprès de votre assureur si c'est votre cas. Des fonds d'aide peuvent aussi être disponibles par l'entremise d'organisations caritatives ou de fondations hospitalières si le décès est survenu dans un contexte médical particulier.
Comment organiser des funérailles pour un enfant
Planifier les funérailles de son enfant est une tâche d'une cruauté particulière, mais qui peut aussi devenir un dernier acte d'amour et de soin envers lui.
Cérémonies personnalisées et symboliques
Il n'existe pas de règles strictes sur comment doivent se dérouler les funérailles d'un enfant. Vous pouvez choisir une cérémonie religieuse traditionnelle, une célébration laïque, ou un mélange des deux. L'important est que cela reflète qui était votre enfant et ce qui compte pour votre famille.
Certaines familles optent pour des cérémonies qui célèbrent la vie de l'enfant : photos de moments heureux, objets qu'il aimait, musique qu'il écoutait, couleurs vives plutôt que le noir traditionnel. D'autres préfèrent une atmosphère plus solennelle et recueillie. Les deux approches sont valides.
Vous pourriez inviter les proches à partager des souvenirs, à lire des textes, ou simplement à être présents en silence. Certains parents choisissent de prendre la parole, d'autres préfèrent demander à un proche de le faire à leur place.
Pour les enfants qui assistent à la cérémonie, il peut être utile de les préparer à l'avance en leur expliquant ce qui va se passer, qui sera là, et qu'ils pourront exprimer leurs émotions de la façon qui leur convient.
Idées de rituels commémoratifs
Au-delà de la cérémonie officielle, plusieurs familles trouvent du réconfort dans des rituels plus intimes. Voici quelques idées que d'autres parents ont trouvées significatives :
- Planter un arbre en mémoire de l'enfant, créant un lieu vivant où venir se recueillir.
- Organiser un lâcher de ballons biodégradables ou de lanternes (en vérifiant d'abord la réglementation municipale).
- Créer une boîte à souvenirs avec des lettres, dessins, photos et objets qui évoquent votre enfant.
- Établir une bourse d'études ou faire des dons à un organisme qui lui tenait à cœur.
- Participer à une marche ou un événement caritatif en son honneur.
Certaines familles créent aussi un espace commémoratif à la maison : un coin avec une photo, une bougie, des objets symboliques. Cet espace devient un lieu de recueillement quotidien où vous pouvez vous sentir proche de votre enfant.
Que faire avec les objets et souvenirs ?
La question des effets personnels de l'enfant décédé survient tôt ou tard, et il n'y a pas de bon moment pour s'en occuper. Certains parents ressentent le besoin de ranger rapidement la chambre de leur enfant, trouvant trop douloureux de voir ses affaires intactes. D'autres préfèrent garder la chambre telle quelle pendant des mois ou des années.
Il n'y a pas d'urgence. Vous pouvez prendre tout le temps dont vous avez besoin avant de toucher à quoi que ce soit. Quand vous vous sentirez prêt, voici quelques options :
- Conserver les objets les plus significatifs dans des boîtes de souvenirs.
- Transformer certains vêtements en courtepointe, en coussin ou en ourson en peluche (des artisans québécois offrent ce service).
- Offrir certains jouets ou vêtements à des proches, à des organismes ou à d'autres enfants qui pourraient en profiter.
- Créer un album photo ou un livre de souvenirs.
- Garder la chambre comme espace de mémoire si vous en avez la possibilité et que cela vous apporte du réconfort.
L'important est de suivre votre rythme et d'honorer ce qui vous semble juste pour vous et votre famille.
Le deuil périnatal - Différences entre deuil périnatal et deuil infantile
Le deuil périnatal désigne la perte d'un enfant durant la grossesse (fausse couche, mortinaissance) ou peu après la naissance. Bien qu'il partage des similitudes avec le deuil d'un enfant plus âgé, il comporte des particularités.
Les parents endeuillés en contexte périnatal font face à une forme de déni social particulièrement difficile. Leur entourage peut minimiser leur perte en disant que "c'était tôt", que "tu pourras avoir d'autres enfants", ou que "c'est la nature". Ces commentaires, bien qu'involontaires, nient la réalité du lien déjà créé avec cet enfant et la légitimité du chagrin.
Une autre différence majeure : les parents ont souvent peu ou pas de souvenirs tangibles à conserver. Pas de photos, pas d'objets, parfois même pas de nom choisi ou de rituel funéraire. Cette absence peut rendre le deuil plus abstrait et difficile à intégrer.
Quelles fleurs offrir pour le décès d'un enfant ?
Si vous souhaitez offrir des fleurs à une famille endeuillée, certains choix portent une symbolique particulière.
Les roses blanches symbolisent la pureté et l'innocence. Les lys blancs représentent l'âme retrouvée et la paix. Les marguerites évoquent l'enfance et la simplicité. Les oeillets roses symbolisent le souvenir impérissable.
Plutôt qu'un immense arrangement formel, vous pourriez opter pour un bouquet plus simple et personnel, ou même une plante vivace que les parents pourront planter en mémoire de leur enfant. Un arbre fruitier ou un arbuste à fleurs peut devenir un symbole de vie et de continuité.
Certaines familles préfèrent que les dons soient faits à un organisme caritatif plutôt que des fleurs. Si c'est mentionné dans l'avis de décès, respectez ce souhait.
Trouver les mots : comment expliquer le décès à ses enfants
Si vous avez d'autres enfants, vous vous demandez probablement comment leur annoncer le décès de leur frère ou de leur sœur. C'est l'une des conversations les plus difficiles qu'un parent puisse avoir, et il est normal de vous sentir démuni.
Voici les principes de base à garder en tête : utilisez des mots clairs et directs plutôt que des euphémismes, adaptez vos explications à l'âge de l'enfant, soyez honnête tout en restant rassurant, et laissez l'enfant poser des questions.
Exemples de phrases simples
Pour les enfants de 5 à 8 ans, des phrases directes fonctionnent mieux que des métaphores :
"Ton frère est mort. Son corps a arrêté de fonctionner et il ne reviendra pas. C'est très triste pour nous tous."
"La mort, ça veut dire que le corps ne marche plus. Le cœur ne bat plus, on ne respire plus, on ne peut plus bouger ou parler."
"Oui, tu peux être triste et pleurer. Moi aussi je suis très triste. Nous allons traverser cette tristesse ensemble."
"Non, ce n'est pas de ta faute. Rien de ce que tu as dit ou fait n'a causé la mort de ta sœur."
"C'est normal que tu sois en colère. Moi aussi je trouve ça injuste."
Ce qu'il vaut mieux éviter de dire
Certaines expressions, bien qu'utilisées avec de bonnes intentions, peuvent créer de la confusion ou de l'anxiété chez les enfants :
Évitez "il s'est endormi" ou "il est parti", car cela peut créer une peur d'aller dormir ou une attente d'un retour. Évitez "Dieu l'a rappelé à lui" ou "il avait fini sa mission sur terre", car cela peut engendrer de la colère envers Dieu ou de la confusion. Évitez "elle était malade", sans précisions, car l'enfant pourrait craindre que toute maladie mène à la mort. Évitez "tu dois être fort pour maman", car cela nie le droit de l'enfant à exprimer sa propre peine.
Les enfants comprennent mieux les faits concrets que les métaphores abstraites. Restez donc aussi clair que possible tout en étant doux.
Comment répondre aux questions difficiles
Les enfants de 5 à 8 ans posent souvent des questions très directes qui peuvent vous surprendre : "Est-ce que ça fait mal de mourir ?", "Où est son corps maintenant ?", "Est-ce que toi aussi tu vas mourir ?", "Est-ce que je vais mourir ?"
Voici quelques pistes de réponse :
Pour "Est-ce que ça fait mal de mourir ?", vous pouvez dire : "Les docteurs ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour qu'il ne souffre pas. Maintenant qu'il est mort, il ne ressent plus rien du tout, ni mal ni bien."
Pour "Où est son corps ?", selon vos choix : "Son corps sera incinéré, ce qui veut dire transformé en cendres, et nous allons garder ces cendres dans une urne" ou "Son corps sera enterré dans un cimetière, un endroit tranquille où nous pourrons aller nous recueillir."
Pour "Est-ce que toi aussi tu vas mourir ?", répondez honnêtement mais de façon rassurante : "Oui, un jour je vais mourir, parce que tout le monde meurt un jour. Mais j'espère vivre très, très longtemps, jusqu'à ce que tu sois grand et que tu aies tes propres enfants. La plupart des gens vivent très vieux."
Les enfants peuvent poser la même question plusieurs fois. Ce n'est pas qu'ils n'ont pas compris, mais qu'ils ont besoin de réentendre la réponse pour l'intégrer peu à peu.
Comment aider un enfant à exprimer ses émotions
Les enfants n'expriment pas toujours leur chagrin de la même manière que les adultes. Ils peuvent sembler peu affectés un moment, puis s'effondrer soudainement. Ils peuvent jouer normalement puis devenir irritables ou agressifs. Tout cela fait partie de leur façon de gérer la perte.
Voici comment vous pouvez les accompagner :
Normalisez toutes les émotions. Dites-leur que la tristesse, la colère, la peur, et même la joie sont toutes correctes et naturelles. Offrez-leur des moyens d'exprimer ce qu'ils ressentent : dessiner, jouer, écrire, parler. Certains enfants expriment mieux leurs émotions à travers le jeu qu'à travers les mots. Maintenez autant que possible la routine quotidienne. Les enfants se sentent en sécurité dans la prévisibilité. Soyez vous-même un modèle d'expression émotionnelle. Si vous pleurez devant eux, ils comprendront qu'il est acceptable de montrer sa tristesse. Surveillez les signes qui pourraient indiquer que l'enfant a besoin d'aide professionnelle : changements importants dans le comportement ou les résultats scolaires, régression vers des comportements plus jeunes (pipi au lit, par exemple), cauchemars fréquents, isolement social, ou expression de pensées autodestructrices.
Au Québec, des psychologues spécialisés en deuil infantile peuvent accompagner les enfants. L'organisme Deuil-Jeunesse offre aussi des services gratuits spécifiquement adaptés aux jeunes endeuillés.
FAQ sur le deuil infantile
Combien de temps dure le deuil d'un enfant ?
Il n'y a pas de durée fixe pour le deuil d'un enfant. Contrairement à certaines croyances, vous n'allez pas "tourner la page" après un an ou deux. Le deuil d'un enfant transforme les parents de façon permanente. Avec le temps, la douleur intense devient généralement plus supportable et s'intègre à votre vie, mais elle ne disparaît jamais complètement. Les premières années sont habituellement les plus difficiles, avec une amélioration graduelle par la suite, bien que des moments difficiles puissent survenir même plusieurs années après le décès.
Peut-on continuer à célébrer l'anniversaire de l'enfant décédé ?
Absolument. De nombreuses familles continuent à souligner l'anniversaire de naissance de leur enfant décédé, trouvant du réconfort dans ces rituels de commémoration. Vous pourriez allumer une bougie, préparer son repas préféré, faire un don, ou simplement prendre un moment en famille pour parler de lui. Il n'y a pas de bonne ou mauvaise façon de procéder, faites ce qui vous apporte du réconfort.
Comment gérer les relations de couple après le décès d'un enfant ?
Le décès d'un enfant met une pression énorme sur le couple. Les deux parents vivent souvent leur deuil de façons différentes et à des rythmes différents, ce qui peut créer de l'incompréhension. Certains chiffres indiquent qu'environ 15 à 20% des couples se séparent après le décès d'un enfant, mais la majorité parvient à traverser cette épreuve ensemble, parfois avec l'aide d'une thérapie de couple. La communication ouverte, le respect des différences dans l'expression du deuil, et la recherche d'aide professionnelle au besoin sont essentiels.
Dois-je cacher mon chagrin devant mes autres enfants ?
Non, vous n'avez pas à cacher votre chagrin. Les enfants bénéficient de voir que les adultes ressentent aussi de la tristesse et savent l'exprimer de façon saine. Cela leur enseigne que les émotions sont normales et acceptables. Vous pouvez pleurer devant eux tout en les rassurant : "Oui, je suis très triste parce que ton frère me manque beaucoup. C'est normal de pleurer quand on est triste. Mais je vais m'occuper de toi et je vais prendre soin de moi aussi."
Est-ce normal de ressentir de la culpabilité d'avoir des moments de joie ?
Oui, c'est très fréquent. Beaucoup de parents endeuillés se sentent coupables lorsqu'ils rient, s'amusent, ou ressentent du bonheur, comme si cela trahissait la mémoire de leur enfant. Pourtant, continuer à vivre pleinement honore la vie de votre enfant plutôt que de la trahir. Votre enfant aurait voulu que vous soyez heureux. S'autoriser des moments de légèreté ne diminue en rien l'amour que vous portez à votre enfant décédé ni l'importance de sa perte.
Crématel vous accompagne
Le décès d'un enfant bouleverse tout ce que vous pensiez savoir sur la vie. Il n'y a pas de raccourci pour traverser cette épreuve, pas de formule magique pour atténuer la douleur. Mais vous n'êtes pas seul dans cette traversée. Des ressources existent, des professionnels peuvent vous accompagner, et d'autres parents qui ont vécu cette perte comprennent votre réalité.
Prenez soin de vous avec autant de douceur que vous en auriez pour quelqu'un d'autre vivant la même chose. Votre douleur est légitime, votre chagrin mérite d'être reconnu, et votre amour pour votre enfant perdure au-delà de la mort.
